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DÉFENSE DU MATÉRIALISME (I)...

septembre 2010

... On a raison d’être révolutionnaire.

Il faut remettre sur pieds les
concepts, exprimés de manière
totalement différente dans le
langage courant d’aujourd’hui : idéalisme
désigne désormais un engagement
naïf mais sympathique, le matérialisme
un être intéressé à l’argent
et aux basses contingences quotidiennes.

Dans l’esprit des fondateurs
du matérialisme historique, c’était le
contraire.

Ces transformations de langage, bien
sûr, ne sont pas « neutres » mais servent
la classe dominante.

Pour les matérialistes (au sens scientifique)
que sont les communistes, la
pensée dialectique fonde l’étude des
phénomènes et objets sur leur existence
historique réelle et sur l’analyse
des contradictions internes propres
à tout phénomène. Elle ne part
pas des représentations des philosophes,
mais de la vie réelle que constituent
toutes les formes de production.
Prenons le Capitalisme. La propriété
privée (capitaliste) des moyens de
production va engendrer l’exploitation
du salariat. Ces deux phénomènes
sont indissociables et on ne peut
comprendre l’un sans l’autre. Outre
les contradictions internes, les marxistes
étudient le processus de développement
et les changements historiques
produits par ces mêmes
contradictions.

Par exemple, la suppression de la
propriété capitaliste par le socialisme
engendrera
la suppression
de
l’exploitation
et la disparition
de cette
contradiction,
tout en créant une nouvelle,
entre socialisme et restauration de
l’ordre ancien.

Le penseur idéaliste, au service de la
classe dominante, insistera mensongèrement
sur le caractère « éternel »
du capitalisme, sur le mode « il y aura
toujours des riches et des pauvres
 » … afin de semer la passivité et
la résignation.

La conception dialectique scientifique
des marxistes n’est pas « tombée
du ciel », ni de la pensée d’un esprit
génial, pas plus qu’aucun autre phénomène.

Elle est née du combat de
l’homme pour affronter et dominer la
nature afin d’assurer ses conditions
d’existence, du combat de classe des
opprimés pour appréhender le
monde et le transformer. Dans les
années 40 du 19ème siècle, Marx et
Engels vont apporter une véritable
révolution dans le mode de pensée :
le monde, de par sa nature est matériel,
le non-vivant a précédé le vivant,
la conscience subjective est seconde,
dérivée de l’approche plus ou moins
scientifique du monde objectif (réel).

La matière est en mouvement constant,
les changements sont incessants.
Ce monde, cette réalité objective
sont connaissables, c’est-à-dire
qu’au fur et à mesure du développement
de l’humanité, on appréhende
tel ou tel phénomène que l’on peut
expliquer de manière scientifique,
matérialiste. Là où nos ancêtres expliquaient
la foudre par la colère
divine, aujourd’hui, nous savons que
la contradiction, l’affrontement entre
les masses d’air chaud et froid vont
provoquer des phénomènes électriques.

L’homme n’est pas impuissant face à
la matière, aux conditions objectives ;
il peut les étudier les utiliser pour ses
intérêts de classe, par sa pratique,
grâce à sa connaissance des lois de la
nature, de l’économie, de la société,
afin que les conditions objectives se
transforment.

Il peut utiliser ces lois en sa faveur,
limiter leur action parfois destructive.
Pour étudier correctement les
processus de transformation objective
de la société et de la nature, il
faut étudier leur conditionnement
réciproque (contradictions), leur
mouvement et leur transformation.

Le matérialisme historique et le matérialisme
dialectique, indissociables
et interdépendants l’un de l’autre,
forment une conception scientifique
du monde, mais c’est aussi le mode
de pensée des marxistes et du prolétariat,
puisque chaque mode de pensée,
chaque conception a des racines
et des mobiles de classe.

Le matérialisme dialectique va donc
constituer la méthodologie pour analyser
le monde à partir des positions
matérialistes en étudiant les contradictions,
mutations, changements des
phénomènes étudiés. Méthodologie
qui s’enrichira sans cesse de la pratique
(la mise en oeuvre) ce qui constitue
le seul
critère de la
vérité par
l’expérience
et l’expérimentation.

Cette méthodologie
nous permet de voir que l’humanité
et le monde avancent à la fois
par changements qualitatifs graduels
mais aussi par bonds (révolutions).

Retournons à l’exemple du Capitalisme.

Les réformistes contemporains avancent
l’idée qu’on pourrait
« subvertir » le Capitalisme tout en
restant dans le cadre de la propriété
privée. On pourrait « utiliser l’argent
autrement », « transformer la Banque
Centrale européenne en Banque pour
l’emploi et les salaires » !

Or, pour qu’une contradiction disparaisse
(le mal vivre résultat de l’exploitation
capitaliste), il faut faire
disparaître les deux éléments de
cette contradiction. Ici la propriété
privée, monopoliste, et l’exploitation
qui en découle.

Tout le reste n’est que bavardages et
mystification propres au réformisme
politique. Pour ne pas se tromper et
ne pas tromper les masses, il faut
être révolutionnaire, c’est-à-dire
accéder à la compréhension que la
pratique sociale de classe (la lutte de
classe) ne peut avoir pour objet que
la révolution prolétarienne et la
construction du socialisme par la
classe ouvrière et ses alliés.