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La pratique, critère scientifique de la vérité

novembre 2010

Théorie et pratique, un lien indissociable

Le lien entre théorie et pratique est
une question cardinale du matérialisme
scientifique, du marxismeléninisme.

La XIème Thèse sur Feuerbach,
rédigée par Marx est explicite :
« Jusqu’ici, les philosophes se sont
contentés d’interpréter le monde,
maintenant il faut le transformer
 ».

Le
marxisme pose donc de manière nouvelle
la relation entre théorie et pratique.
Les idéalistes voient la théorie
comme se suffisant à elle-même, la
pratique étant l’apanage du Vulgus (le
vulgaire) ou du libre-arbitre laissé aux
hommes par Dieu. Des survivances de
l’idéalisme sont à l’origine des diverses
révisions opportunistes du marxisme
et ont un postulat commun : la
valeur absolue conférée à l’un des
deux termes de la contradiction dialectique
Théorie/Pratique.

Certains vont affirmer que la théorie
est première en importance et dans le
temps. Le dogmatisme part de la théorie
comme élément sur lequel devrait
se greffer la pratique. D’où leur impuissance
à transformer révolutionnairement
le monde. L’opportunisme,
pour sa part, méprise la théorie, jugée
comme une entrave à la pratique, jugée
première mais qui, non éclairée
par la théorie, va très vite ne pas dépasser
le cadre du régime d’exploitation
existant.

C’est donc bien le lien indissoluble -
mais aussi interactif et fait d’enrichissement
mutuel - entre la théorie et la
pratique, qui permettra de résoudre
les problèmes posés à l’humanité, interactivité
qui évite à la théorie d’être
stérile et à la pratique d’être aveugle.

Les diverses formes de
la pratique

La pratique, pour un marxiste, désigne
l’ensemble des activités humaines
pour créer les conditions d’existence
de la société, notamment la production
matérielle créatrice des richesses
sociales. Le matérialisme démontre
que tous les modes de production qui
se sont succédé ont été des sociétés
fondées sur la propriété privée de la
classe dominante sur les travailleurs
(esclavage), sur la terre (féodalisme),
sur les moyens de production, d’échange,
de communication
(capitalisme, avec selon la forte expression
de Lénine, « L’esclavage salarié
 »).

Les rapports de production fondés sur
l’exploitation engendrent inévitablement
des luttes de classes entre exploiteurs
et exploités.

Prenons la question des retraites.

La classe capitaliste, pour développer
ses profits (logique et objectifs de
classe), a besoin de repousser le plus
loin possible les limites de l’exploitation
de l’ouvrier. Les progrès de la
médecine permettent à l’homme d’avoir
une meilleure longévité, alors les
capitalistes n’ont de cesse d’allonger
la durée de carrière. Pour le Capital, le
travailleur est juste bon à être exploité
pour permettre la réalisation de
toujours plus de profits. Le travailleur,
sans forcément prendre conscience
que le capitalisme est l’ennemi, n’aura
pour cesse de peser sur le Capital
pour atténuer le degré d’exploitation,
notamment par la lutte quotidienne et
syndicale ; pour gagner une retraite
méritée dont il pourra jouir plusieurs
années, puisque le travail sous le capitalisme
revêt un caractère aliénant,
dépourvu des véritables libertés citoyennes
et humaines.

La lutte de classes va donc engendrer
une forme de pratique supérieure,
celle de la classe exploitée et opprimée
et de son avant-garde, le prolétariat
révolutionnaire. C’est-à-dire une
pratique éclairée par l’axiome léniniste
selon lequel est révolutionnaire
« celui qui étend
la reconnaissance de la lutte
de classes à la reconnaissance
de la dictature du
prolétariat ». Sera donc
jugée pratique révolutionnaire,
non seulement la
lutte contre le régime ancien,
mais aussi son renversement
historique par la destruction de son
appareil de dictature, et l’avènement
du pouvoir des exploités et des opprimés.

Lénine juge que la théorie est liée à la
pratique, au service de la pratique et
vérifiée par cette dernière. Ce mouvement
permettant critique, autocritique
et rectification pour mieux servir
les luttes de classes. Si la pratique est
première, car c’est elle qui en dernière
instance transforme le monde, Lénine
a toujours insisté sur le fait qu’ « il n’y
a pas de pratique révolutionnaire sans
théorie révolutionnaire
 ».

La théorie
ne doit pas seulement généraliser,
mais aussi saisir les tendances nouvelles
propres à chaque phénomène et
anticiper en traçant la stratégie à suivre
qui sera vérifiée par la pratique.

La pratique historique est donc non
seulement la source, l’origine de la
théorie, mais elle est enrichie et généralisée
par cette dernière, elle est bien
le seul critère scientifique de la vérité.

Second exemple, la victoire de la Révolution
d’Octobre 17 a confirmé la
théorie marxiste de l’inéluctabilité de
la victoire du prolétariat, sa capacité à
devenir classe dirigeante sous le socialisme.

C’est l’abandon de la théorie
ET de la pratique révolutionnaires qui
sera la source politique de la contre-révolution
bourgeoise. A ceux qui
croient dans les théories de Khrouchtchev/
Gorbatchev ; leur pratique et
ses résultats constituent bien le critère
pour juger, à partir des positions
de classe, leur politique de destruction
du socialisme.