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Pour l’unification des luttes des travailleurs en Europe

janvier 2011

Dans tous les pays de l’Union
européenne, les peuples
subissent la même politique, menée
par la social-démocratie ou la droite
classique, voire les deux coalisées,
de destruction des acquis et de transfert
massif des revenus du travail
vers le capital. Partout, les travailleurs
ripostent par des mobilisations
d’ampleur inégale, mais où grandit la
compréhension que l’on serait tous
plus forts si nos luttes étaient coordonnées
à l’échelle européenne. Un
des principaux obstacles étant encore
la domination de la CES et des directions
des syndicats qui y sont affiliés,
intégrés à l’appareil européen et enchaînant
les travailleurs à la compétitivité
des entreprises. Dans l’éditorial
du N° 101, nous avons passé en revue
les plans de régression sociale
dans les principaux pays européens.
Des luttes ont eu lieu, suivant
l’exemple des travailleurs de Grèce
et de France, et des journées européennes
d’action, hélas éphémères et
sans stratégie de lutte unie, ont été
lancées.

Le 24 novembre, les travailleurs irlandais
des services publics se sont
mis en grève contre un nouveau projet
de baisse des rémunérations, après
une première amputation de 7% au
mois de mars. Quelques jours après,
une grève générale était lancée en
Espagne par la plupart des syndicats,
et suivie par les travailleurs, tant du
secteur public que privé. Le pouvoir
a répondu par la répression contre les
piquets de grève et manifestants et
par des arrestations. Le 4 décembre,
la grève des contrôleurs aériens a été
réprimée par l’instauration de l’Etat
d’urgence, révélant aux yeux de ceux
qui croient encore à « l’Etat de
droit » la véritable nature de classe
de la démocratie bourgeoise.

En Grande-Bretagne, où les travailleurs
ont fait l’expérience du néolibéralisme
thatchérien, entraînant la
destruction des services publics, la
précarisation avancée du travail et la
multiplication des impôts et taxes, les
étudiants sont descendus par milliers
dans les rues contre le triplement des
droits d’inscription dans les universités
jusqu’à 6000 livres (soit presque
un doublement). En plus des défilés
et des occupations d’universités, les
jeunes ont pris pour cible les forces
de répression, et même les dirigeants
politiques, aussi bien conservateurs
que Libéraux-Démocrates dont le
chef Clegg, vice premier-ministre,
avait promis, dans sa campagne électorale
de ne pas recourir à des augmentations.

Au Portugal, les travailleurs ont déclenché
la plus grande grève générale
unitaire contre la politique d’austérité
du gouvernement PS de Jose Socrates,
politique destinée à renflouer les
entreprises et banques et à payer la
“dette” conformément aux injonctions
de l’UE.

Les travailleurs de Grèce poursuivent
leur mobilisation, à l’appel du PAME
et du Parti Communiste qui, lors des
dernières élections, progresse en
nombre de voix, traduisant une
confiance accrue des travailleurs.

Lors de la grève des transports, le 15
décembre, l’ancien ministre de droite
Hatzikadis essuya, à la sortie du Parlement,
des insultes, jets de pierres et
coups de bâton de la part des manifestants.

La riposte s’organise également
contre le budget d’austérité du
gouvernement de Papandreou et la
braderie des richesses publiques au
capital étranger. Les luttes unitaires
des travailleurs du public et du privé
prennent clairement un contenu politique,
signe de la maturation des
idées révolutionnaires. Face aux monopoles
et à leurs États, les 300 millions
de travailleurs de l’UE constituent
une force qui peut faire reculer
le Capital et lui faire payer sa propre
crise. Une grève générale au niveau
européen donnerait aux travailleurs
la confiance dans leurs forces et dans
la solidarité internationale.