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Vive la révolution !

mardi 8 mars 2011

Les révolutions populaires
qui se produisent en
Tunisie, en Égypte ont
vu les peuples chasser du pouvoir
les chefs d’État vendus à l’impérialisme.

En Algérie, au Maroc, à
Bahrein, au Yemen, et dans d’autres
pays, les peuples n’acceptent
plus la misère, l’oppression, l’arbitraire,
l’enrichissement insolent
des clans au pouvoir qui s’engraissent
en bradant les richesses
de la nation à l’Occident. Ces soulèvements
constituent un assaut
réel contre l’impérialisme.

Les
communistes révolutionnaires de
France apportent leur soutien et
leur solidarité à ces peuples insurgés,
ouvriers, paysans, petits commerçants,
patriotes, et aux partis
communistes frères qui voient
aboutir des décennies de luttes,
qui étaient dans la plupart des cas
clandestines, subissant une féroce
répression, au pays et même en
exil.

Les masses populaires font aussi
preuve d’une grande maturité et
de clairvoyance, en n’étant pas
dupes des manœuvres et pseudo
concessions de la clique au pouvoir
qui, en remplaçant les éléments
les plus haïs et corrompus
par d’autres partisans de longue
date du régime dans un
“gouvernement d’Union Nationale”,
veulent perpétuer le Bénalisme
sans Ben Ali. Malgré les
injonctions de l’armée en Égypte,
les travailleurs continuent à manifester
et à faire grève, n’oubliant
pas les revendications économiques
 : augmentation des salaires,
baisse des prix des produits de
première nécessité, réforme
agraire... liées aux revendications
démocratiques (levée de l’état
d’urgence, laïcité, légalisation des
partis et syndicats).

Lénine caractérisait une situation
révolutionnaire comme résultant
de l’impossibilité de la classe au
pouvoir à gouverner, et du refus
de la majorité de la population
d’être dirigée par le pouvoir en
place. Dans les pays semi-coloniaux
et opprimés par l’impérialisme,
les révolutionnaires ont
une tâche démocratique de libération
nationale, de renversement du
féodalisme et de la bourgeoisie
compradore et réactionnaire,
d’instauration d’un État garantissant
les libertés démocratiques,
afin que le peuple libéré puisse
décider librement de son destin et
de son développement. La classe
ouvrière, si elle n’est pas la plus
nombreuse, a joué un rôle important
dans le processus révolutionnaire.

En Tunisie, la lutte des travailleurs
et de la population du
bassin minier de Gafsa, pour
l’emploi et contre la répression, a
créé des liens entre les différentes
couches opprimées. De même, la
base syndicale a su imposer ses
revendications malgré la compromission
des dirigeants confédéraux
de l’UGTT.

Comme en Amérique latine, où la
révolution bolivarienne a entraîné
la rupture de plusieurs pays avec
la domination de l’impérialisme,
principalement nord-américain, la
chute de régimes soumis et complices
de l’américano-sionisme est
un danger pour la politique impérialiste
au Proche-Orient, et constituerait
un appui décisif pour la
lutte des peuples palestinien et
libanais pour leurs droits nationaux.

Si les révolutions nationales-démocratiques
enfoncent un coin
dans le système mondial de l’impérialisme
et sont, objectivement,
un appui pour la révolution socialiste
mondiale, les bases pour la
construction du socialisme n’existent
pas dans ces pays, du fait du
pillage et du sous-développement.

La révolution ne peut donc être
socialiste immédiatement. Au
cours du processus qui n’en est
qu’à ses débuts, il est même possible
que la bourgeoisie trahisse
les intérêts nationaux et se place
au service d’un autre impérialisme.
Obama se préoccupe avant
tout que les révolutions débouchent
sur un système bipartiste à
l’occidentale, et que les nouveaux
pouvoirs préservent et servent les
intérêts américains et la politique
colonialiste d’Israël. Derrière les
congratulations, les ingérences
multiples des ambassadeurs et
conseillers occidentaux, que les
peuples dénoncent à juste titre,
doivent rappeler que la mainmise
des multinationales est loin d’être
brisée, et qu’il est de notre responsabilité
de mener la lutte de
classe contre nos capitalistes.

Dans toutes les révolutions, se
posent les questions politiques de
la démocratie et du pouvoir. Si les
tâches des révolutionnaires dans
les pays impérialistes sont différentes
de celles de nos frères des
pays dominés, les luttes démocratiques
peuvent revêtir des formes
similaires. En l’occurrence, la
mobilisation continue et déterminée
des masses de jeunes, de travailleurs,
de mères de famille,
pour obtenir le départ du dictateur
et de son équipe, est riche d’enseignements
pour les travailleurs de
France : ceux-ci devront mener
une lutte continue, unissant toutes
les couches de la population travailleuse,
et bloquant l’économie
pour empêcher le vol de leurs
retraites et de leur travail et obliger
les capitalistes à payer leur
crise.

Les expériences tunisiennes et
égyptiennes montrent que des
manifestations constantes, des
marches dans les grandes villes et
dans la capitale constituent un
moyen important pour faire avancer
les revendications démocratiques
et sociales et renverser un
gouvernement anti-populaire,
étape vers la révolution socialiste.