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Libye : Déclaration de l’URCF (18 mars 2011)

samedi 19 mars 2011

LIBYE : À BAS LA GUERRE IMPÉRIALISTE

POUR LA MAINMISE SUR LE PÉTROLE !

Déclaration de l’URCF

Le conseil de sécurité de l’ONU, par 10 voix sur 15, a décidé d’autoriser des frappes aériennes sur la Libye. Majorité toute relative, puisque des puissances comme l’Inde, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Allemagne, qui ensemble représentent la majorité de la population terrestre ont montré, certes timidement, leur désaccord avec le bellicisme de puissances comme les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne.

L’URCF condamne fermement cet engrenage militariste et belliciste, doublé d’une grave ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Les pays qui ont voté pour la guerre conçoivent le droit international comme celui de la canonnière de l’époque colonialiste. Ainsi une poignée d’États, parmi les plus puissants du camp impérialiste, s’arroge-t-elle le droit imprescriptible de composer le gouvernement de pays du « Tiers-Monde » selon ses propres intérêts capitalistes avec ses affidés locaux.

Paraphrasant Jaurès, on peut écrire : « On croit combattre pour la liberté, on meurt en réalité pour les profits des multinationales du pétrole » !

Derrière le soulèvement en Libye, depuis le début apparaît le bras des impérialismes nord-américain, français, britannique, dont l’objectif, en utilisant le mécontentement et l’opposition libyenne, était d’instaurer une zone tampon entre la Tunisie et l’Égypte pour garder le contrôle de la région.

Alors que ces puissances avaient tout mis en œuvre pour combattre les révolutions tunisienne et égyptienne, ne lâchant les dictateurs Ben Ali et Moubarak qu’au moment où leur défaite était consommée, ces États capitalistes se sont pris d’engouement pour la « révolution » libyenne. Depuis quand le capitalisme appuie-t-il des mouvements révolutionnaires ? En réalité, le soulèvement a été programmé dès le début par ces mêmes grandes puissances, en s’appuyant sur le mécontentement existant. Il est incontestable que les forces réactionnaires de l’opposition libyenne - monarchistes dont le drapeau flotte à Benghazi, libéraux, extrémistes cléricaux… - ont été à la manœuvre sous la dictée de l’impérialisme.

Les médias-mensonges ont accompagné ce soulèvement favorisé par le fait que les tribus possédaient des armes ; on nous a parlé de manifestations réprimées que l’on n’a jamais vues (sauf à Benghazi), de « fuite de Kadhafi au Venezuela », de « révolution » alors qu’il a fallu attendre plusieurs semaines pour la formation d’un « Conseil national de transition » qui brille par l’absence de programme et même de revendications sur le modèle des bourgeois compradores (vendus à l’impérialisme) irakiens.

Il est incontestable que les dérives maffieuses et affairistes des courants bourgeois au pouvoir ont affaibli, année après année, la révolution national-démocratique libyenne, permettant aux forces réactionnaires de vouloir restaurer le statut de pays colonisé de la Libye. Les évènements récents ont aussi prouvé que des Libyens au moins aussi nombreux ne se reconnaissent pas dans les partisans de l’ancien régime.

Dans notre précédente déclaration, nous dénoncions le risque de guerre civile internationalisée par l’entrée en guerre, sous telle ou telle forme de puissances de l’OTAN. L’administration Obama ne pouvait monter en première ligne après l’enlisement en Irak ou en Afghanistan ; un partage des tâches a été opéré, les impérialismes français et britannique montant au créneau sur des positions les plus favorables à la guerre.

En tant que travailleurs de France, nous devons dénoncer les positions ultras prises par l’impérialisme français. Sarkozy se veut le plus boutefeu, en ayant défendu la proposition de bombardements continus sur la Libye, qui ne manqueront pas de frapper des populations civiles, et dont le prétexte au déclenchement des hostilités est leur « protection » !

Comme travailleurs, nous ne pouvons manquer de faire le lien entre les sommes faramineuses consacrées à la guerre, et la politique d’ « austérité » réservée aux familles populaires sous l’alibi de « réduire la dette de l’État ». Au début de la présidence de Sarkozy, on pouvait parler de bonapartisme ; le voilà sur les pas de Napoléon III, lançant le pays dans une aventure guerrière, après avoir reconnu les autorités de Benghazi comme représentant de l’État libyen ! Ce qui nous a valu le retour très médiatique des tenants de toujours des guerres impérialistes : Bernard-Henri Lévy et Kouchner qui rêvent déjà de la guerre contre l’Iran.

Les masques tombent, puisque le PS dénonçait la temporisation de Sarkozy et soutenait l’entrée en guerre, mais aussi la « gauche de la gauche », puisque Mélenchon vient de voter au Parlement européen la résolution belliciste après « consultation de la direction du PCF » !
Nous voilà comme en 1914 avec l’union sacrée autour des intérêts capitalistes du pays !

L’URCF appelle l’opinion démocratique anti-impérialiste, les syndicalistes de classe, les communistes, à condamner la guerre impérialiste conduite par la France et la Grande-Bretagne avec les traîtres au mouvement de libération nationale arabe des Émirats arabes unis !

C’est au peuple libyen et à lui seul de décider de son avenir sans ingérence des anciennes puissances colonialistes !

Pas un sou pour la guerre ! Non à l’austérité !

Retrait des troupes françaises !

À bas la guerre impérialiste des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne !

URCF, le 18 mars 2011