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Algérie : les motifs du soulèvement

avril 2011

Chômage, misère, terrorisme,
manque de logements,…
autant de problèmes
que les pouvoirs publics
ont été incapables de résoudre.
L’annonce de la hausse
des prix des denrées alimentaires
du 3 janvier 2011
(pain, huile, sucre, lait, etc.)
met le feu aux poudres. Des
émeutes contre la vie chère
éclatent dans tout le pays.
Elles feront 5 morts, des centaines
de blessés, des milliers
d’arrestations et des
dégâts matériels considérables.
Devant la forte pression
populaire, le gouvernement
fait marche arrière : il renonce
à la hausse des prix
pour une période de 8 mois.
Cependant, ce recul ne règle
pas les graves problèmes
économiques et sociaux auxquels
le peuple est confronté.
La bourgeoisie algérienne
n’a pas réussi à développer
le pays, ni à protéger les
masses de la misère et du
besoin. La bourgeoisie algérienne,
par intérêt de
classe, a détruit les avancées
de la période Boumediène,
entraînant le pays
dans la dépendance, et le
peuple dans la misère et le
chômage de masse
On s’approche à grande
vitesse d’un krach général.

L’impérialisme et la
démocratie petite
bourgeoise.

Les États impérialistes appellent
à la démocratisation des
pays arabes. Ainsi, ces États,
qui imposent à leurs peuples
des cures d’austérité drastiques,
qui attentent aux libertés
démocratiques chez eux, occupant
et massacrant à grande
échelle des peuples, spoliant
les richesses des pays pauvres
(dépendan t s ou semi -
coloniaux), s’érigent en donneurs
de leçon. Non, l’impérialisme
n’est pas qualifié pour
donner des leçons aux peuples
arabes.

Les libéraux algériens qui manifestent
en ce moment contre
le régime ne se démarquent pas
des cris d’ingérence que nous
entendons actuellement de la
bouche des chefs de la réaction
internationale. Ils parlent de
démocratie, mais refusent de
cibler le pouvoir de Bouteflika,
et de forger un front de lutte
avec les autres organisations.

Seule la présentation d’une
plate-forme démocratique révolutionnaire
peut mettre les
masses en action autour de
mots d’ordre justes ; c’est-àdire,
conformes à leurs revendications
économiques et à
leurs aspirations démocratiques.

Un point sur
Bouteflika

Bouteflika n’était pas, avant les
événements actuels dans le
monde arabe, catalogué de
dictateur par les médias bourgeois
occidentaux. Lui, qui se
vantait d’obtenir le soutien
sans faille des Obama, Sarkozy,
Merkel et autres représentants
de la réaction mondiale,
est aujourd’hui un pestiféré.
L’homme avait dû fuir le pays
en 1981, sous la pression des
tribunaux de son pays. En
1993, l’armée lui offre le pouvoir
pour mater l’insurrection
islamiste ; offre qu’il refuse.
En 1999, Bouteflika offrait à
l’impérialisme toutes les garanties
désirables. Il s’est présenté
aux Algériens comme l’homme
qui allait moraliser la vie publique,
redresser l’économie nationale
ruinée par le remboursement
de la dette extérieure.
Le passage sous les fourches
caudines du FMI, en avril
1994, plonge le pays dans la
récession et le paupérisme.
Force est de constater qu’au
bout de 12 ans de règne de
Bouteflika, la misère et le chômage
n’ont jamais été aussi
importants, les espaces de libertés
publiques aussi réduits
et la corruption aussi forte.
Certes, l’orientation antipopulaire
actuelle n’est pas propre à
Bouteflika. Par ailleurs, le terrorisme
islamiste n’a pas été
éradiqué, malgré les lois d’amnistie
de 1999 et de 2005. Certaines
dispositions de ses lois
interdisent aux victimes de
poursuivre leurs bourreaux
devant les tribunaux, il leur est
même interdit d’évoquer leurs
exactions, et de poser des questions
sur leurs auteurs. Derrière
cette politique, se trouve l’idée
qu’il faut une entente, une
grande réconciliation entre
Algériens, entre islamistes et
nationalistes. Il fallait élargir la
base sociale du régime aux
autres courants de la bourgeoisie.
Les seuls résultats probants
obtenus par Bouteflika, en 12
ans de règne, sont le renforcement
du despotisme intérieur et
de la servilité extérieure.

Quelle révolution
en Algérie ?

L’amélioration de la
situation économique,
sociale et culturelle de la
classe ouvrière n’a pas
été résolue et ne peut
l’être dans le cadre du
capitalisme. Il n’y a
qu’un seul remède : une
révolution sociale effectuée
par la force organisée
du prolétariat. Mais
la démocratie ? La démocratie
ne permet-elle
pas de résoudre pacifiquement
les problèmes ?
On nous parle de démocratie
et autres belles
choses, mais la démocratie
réelle, c’est celle
qui fait prévaloir les
intérêts de la majorité
exploitée contre ceux de
la minorité exploiteuse.

Quels sont les termes de l’alternative
en Algérie ? Une révolution
démocratique ou une révolution
socialiste ? Compte tenu
du faible niveau économique
de l’Algérie, et des tâches qui
en découlent, la révolution est
démocratique, dans un premier
temps. En effet, certaines tâches
d’édification nationale
sont entravées par l’impérialisme
(industrialisation, langue
nationale, etc.), et il faut les
achever. Quelles sont les forces
motrices de la révolution démocratique
 ? La classe ouvrière
et ses alliés de la petite
bourgeoisie rurale et urbaine.

Mais dire que la révolution
sera démocratique signifierait
que nous oublions l’étape suivante,
à savoir la révolution
socialiste.