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Travailleurs des voies navigables en lutte !

mercredi 8 juin 2011

Services de navigation de l’Etat / Voies navigables de France

Les ouvriers et employés fonctionnaires des services de navigation en charge
de la gestion et de l’entretien des écluses, barrages et digues des Voies
navigables (VN) étaient en grève le lundi 2 juin à l’appel d’une
intersyndicale CGT, FO et CFDT.
"La majorité des agents de la voie d’eau est en grève aujourd’hui" et "une
grande partie (...) du réseau national et même la totalité du trafic
international est stoppée ce jour
", a affirmé l’intersyndicale dans un
communiqué.

La grève des fonctionnaires et ouvriers d’Etat (éclusiers, barragistes,
personnels d’entretien des voies navigables) est motivée par un projet
gouvernemental de transférer les 4.400 agents à Voies navigables de France
(VNF), un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic).
"Rien ne rentre ni ne sort, que ce soit par la Meuse (service de navigation
du Nord-Est) ou par l’Escaut (service de navigation du
Nord-Pas-de-Calais
)",
a précisé le secrétaire général FO de la fédération équipement et
environnement. "Aucun bateau n’a pu également remonter du Havre à Nogent, ni
donc traverser Paris aujourd’hui"
, a-t-il ajouté.
Les écluses de Gambsheim et du Wacken, près de Strasbourg, ainsi que celle
de Dannemarie (Haut-Rhin) étaient également bloquées.

L’intersyndicale a décidé de reconduire le mouvement et réaffirmé que les
personnels voulaient "faire obstacle à un projet qui conduirait dans un
premier temps à une restructuration à de grandes échelles de territoires,
puis à la privatisation et la perte de leur statut
".
Le gouvernement a répondu avoir prévu 70 millions d’euros supplémentaires au
budget de VNF pour l’année 2011 avec la volonté de relancer la voie d’eau.
Le secrétaire général CGT de la fédération de l’Equipement et de
l’Environnement, a reproché au gouvernement d’avoir mis les agents "devant
le fait accompli". "Il n’y a eu aucune concertation. Pour nous, c’est hors
de question
".
De son côté, le président de la Glissoire, le syndicat des bateliers
(mariniers-artisans, souvent propriétaires d’une péniche), a déclaré : "nous
n’avons pas été concertés non plus alors que nous sommes aussi directement
concernés par ce projet. C’est désespérant la façon dont on nous traite, de
voir la volonté qu’on met pour détruire la profession.pour moi, cela veut
dire que le gouvernement veut abandonner la voie d’eau en France
", a-t-il
ajouté.

Mardi 3 mai : la grève est suspendue après une décision du cabinet du
ministère de l’Ecologie et des Transport "de remettre son projet sur la
table des discussions
", a-t-on appris auprès des syndicats.
"Sous la pression du remarquable mouvement de grève et de blocage du trafic
d’hier et d’aujourd’hui le cabinet a (...) décidé de remettre son projet sur
la table des discussions et de desserrer son calendrie
r", a indiqué
l’intersyndicale dans un communiqué.

Lundi 6 mai : les agents des services de navigation de l’Etat, dont les
éclusiers, ont repris le mouvement de grève lancé en mai, afin de s’opposer
au regroupement de leur activité avec Voies navigables de France (VNF).
"Nous avions suspendu notre grève le 3 juin dans un esprit de conciliation,
mais la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet s’entête à vouloir transférer
les 4.400 agents
", a déclaré le secrétaire fédéral FO.
"Son intention prioritaire depuis le début, c’est de se séparer des
fonctionnaires
, a-t-il ajouté.
A l’issue d’une nouvelle réunion avec le cabinet du ministère ce mardi, les
syndicats ont décidé de suspendre la grève avec un préavis au 15 juin pour
maintenir la pression. Un "nouveau projet" devrait être présenté aux OS
d’ici là.

Etablissement public à caractère industriel et commercial (Epic), VNF a été
créé il y a 20 ans avec l’objectif de relancer le transport par voie d’eau,
ce qui n’a pas été le cas, selon les syndicats.

L’intersyndicale, qui redoute une dégradation des conditions de travail des
agents de l’Etat et une gestion purement commerciale, a déposé un préavis
de
grève pour chaque jour de la semaine jusqu’au 11 juin.
Il n’y a cependant rien à négocier ; le projet doit être retiré et les VNF
doivent rester un service public. La privatisation signifie la primauté du
critère de la rentabilité immédiate, la liquidation du service public, la
précarisation et la dégradation des conditions de travail.

L’URCF dans son programme avance comme axe de lutte la création d’un pôle
service public transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de
combattre la dégradation des services liées à la rentabilité financière.
Le pôle public de transport permettra la coordination et la complémentarité
des différents modes de transport afin de satisfaire les besoins populaires
 ; dans les villes la coordination et la complémentarité des lignes de
divers
transports et de leurs horaires améliorera la qualité des déplacements
urbains. Après la révolution socialiste, le renforcement du mode fluvial
particulièrement efficace pour un développement économique général du pays
sera débattu par la planification démocratique du pays au service des
besoins du peuple-travailleur.