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17 octobre 61 : il y a 50 ans, un crime d’Etat...

lundi 17 octobre 2011

Il y a 50 ans : un crime d’Etat

Le 17 octobre 1961, sous le pouvoir du Général De Gaulle, la police parisienne a réprimé avec une violence de type fasciste une manifestation pacifique d’Algériens.

Cet événement tragique est l’un des plus atroces massacres commis par le colonialisme français après Sétif le 8 mai 1945, le bombardement d’Haïphong et 4 mois plus tard (8 février journée antifasciste) les crimes anticommunistes de Charonne.

De tels crimes d’Etat sont le produit du colonialisme prêt à tout pour sauver les privilèges de la bourgeoisie coloniale et favoriser la lutte pour la conquête de marchés par l’impérialisme français.
En 1961, après 7 ans de guerre pour l’indépendance, la victoire des patriotes algériens était proche… Ce qui radicalisait les secteurs capitalistes les plus réactionnaires et chauvins dont le seul recours devant l’inéluctable était la violence déchaînée imprégnée de racisme et de mépris des peuples colonisés sur le modèle fasciste de la « race supérieure ».

Tout en refusant, en 1961, de reconnaître l’indépendance de l’Algérie, l’Etat français niait tout droit et toute liberté publique aux Arabes vivant en métropole.

Ainsi fut décrété un scandaleux couvre-feu pour les Algériens… déclenchant une ignoble chasse au faciès.

Protestant contre cette mesure inique, 30 000 algériens, sympathisants du FLN, manifestèrent pacifiquement contre cet interdit.

La répression policière fut terrible et ne peut être comparée qu’à la déportation des juifs par le régime de Vichy (c’était d’ailleurs le même Papon, récupéré par De Gaulle comme Préfet, après avoir organisé les rafles contre les juifs sous Vichy) ou plus loin, à la Saint-Barthélémy.
Les corps répressifs tabassèrent à l’aveugle, chargèrent les manifestants et jetèrent à la Seine et dans les canaux environnants, des centaines d’hommes, de femmes et même d’enfants.

Le bilan officiel de 2 à 18 morts selon les sources ne recouvre qu’une petite parcelle de l’ampleur du crime. Des centaines de corps flottèrent selon les témoignages. La réalité est plus proche de 300 victimes, mais faute d’ouverture des archives, les pages d’ombre subsistent.
La police ne fut que le bras armé de l’Etat, ce qui ne justifie en rien l’exécution d’ordres criminels de l’Etat français.

L’URCF exige l’ouverture des archives d’Etat aux historiens, afin que toute la vérité soit révélée sur les donneurs d’ordre. On ne saurait s’en tenir au seul préfet Papon, exécuteur des basses œuvres de l’impérialisme français, mais serviteur zélé de l’Etat capitaliste, et qui avait pour habitude d’obéir aux ordres.

Il s’agissait aussi d’un crime de classe contre les travailleurs algériens surexploités, avec des salaires inférieurs aux travailleurs français, et logés dans des bidonvilles.

Avec tous les démocrates, nous exigeons la pleine reconnaissance de ce crime d’Etat par le pouvoir, les excuses de l’Etat français à l’Algérie et aux familles des personnes assassinées.

L’URCF s’incline avec douleur et respect devant toutes les victimes de ce crime d’Etat raciste. Plus jamais ça !

Aujourd’hui, les leçons de l’histoire n’ont pas été tirées et d’Afghanistan à la Libye et l’Afrique noire, la classe capitaliste française continue d’opprimer et de décider à la place de ces peuples leur avenir.

Nul doute que la volonté d’indépendance sera la plus forte et que les classes opprimées gagneront leur liberté !

URCF le 17 octobre 2011.