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Non aux suppressions de postes à Renault ! Déclaration de l’URCF

samedi 19 janvier 2013

DÉCLARATION DE L’URCF SUR LE GROUPE RENAULT

NON AUX 8260 SUPPRESSIONS DE POSTES !

Quelques jours après le scandaleux accord « social » entre MEDEF, CFDT, CFTC, CGC et gouvernement social-démocrate favorisant la « compétitivité des entreprises françaises » contre la « flexi-sécurité » des salariés, on est passé aux travaux pratiques avec l’annonce de la direction du groupe Renault de suppressions de 7 500 postes d’ici à trois ans.

Montebourg, de plus en plus ministre du mirage industriel a apporté son satisfecit au plan fondé sur « le non remplacement des départs en retraite », « un dispositif avantageux de fin anticipée d’activités ». Tant pis pour l’emploi des jeunes dans le futur ! L’application de ce "plan" est confiée aux « négociations entre partenaires sociaux ».

La réalité est plus sombre encore. Tout d’abord, la direction opère un chantage et exerce pression sur les « négociations », puisque si elles n’aboutissent pas aux suppressions de postes, des « sites seront fermés ».

Un document interne au conseil d’administration du groupe évoque les "nécessaires 8260 départs". En effet, les patrons de Renault comptent sur les "LDM" dans le jargon monopoliste, soit les licenciements pour fautes, les démissions de salariés écœurés, les mobilités, pour passer des 7550 suppressions annoncées à 8260 !

Renault nous joue l’alibi de la compétitivité, mais comment l’assurer avec encore moins d’effectifs, alors que, pour les mêmes raisons, le groupe n’embauche plus depuis 5 ans que des CDD ou des intérimaires ? C’est le patronat qui doit être sanctionné pour sa catastrophique gestion !

Loin de tout cela, la direction n’a pour seule réponse que l’aggravation de l’exploitation capitaliste avec l’augmentation des cadences et l’allongement du temps de travail afin d’assurer l’extorsion de plus value absolue !
La durée annuelle du travail passerait de 1500 heures à 1603 ; les RTT seraient diminuées d’actuellement 12 à 30 jours à 10 jours seulement ; le temps de pause est dans le collimateur et la direction veut le faire réduire à 20 minutes par jour soit le délai légal minimal. La mobilité accrue va découler de la division en deux pôles Ouest et Nord où les effectifs seront ajustés selon les besoins ; tant pis pour la stabilité familiale.

La CGT Renault a raison d’affirmer que toutes ces mesures entraîneront la détérioration brutale des conditions de vie et de travail. Ces attaques contre les conquêtes obtenues précédemment rapporteraient 65 millions d’euros. Tout le plan est sous-tendu par la recherche du profit maximum, au mépris complet des intérêts des travailleurs, mais telle est la règle sous le capitalisme.

L’URCF appelle la population à soutenir les Renault dans leur combat pour rejeter le plan patronal et refuser les 8260 suppressions de postes, la solidarité doit s’exprimer dans tout le pays.

L’URCF soutient les débrayages lancés à Sandouville, au Mans, à Cléon pour faire reculer le patronat.

Nous appelons les militants de l’URCF à soutenir toutes les revendications des travailleurs permettant de sauver les emplois industriels comme l’interdiction des licenciements ; mais nous agissons dès maintenant pour faire grandir la conscience de la nécessité de (re)nationaliser le groupe Renault sans indemnisation et avec contrôle ouvrier, afin de sauver et de développer les emplois et le tissu industriel et automobile du pays.

URCF le 17 janvier 2013