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V.I LENINE : CAPITALISME ET TRAVAIL FEMININ.

jeudi 10 septembre 2009

La société capitaliste est le lieu caché de nombreux cas de pauvreté et d’oppression qui ne sont pas directement visibles Les familles éclatées originaires de la petite-bourgeoisie, d’artisans, d’ouvriers industriels, d’employés et de domestiques sont pauvres de manière indescriptible. Des millions et des millions de femmes dans de telles familles vivent (ou plutôt survivent) comme esclaves domestiques, enchaînées par l’effort quotidien désespérant de nourrir et vêtir leur famille avec quelques sous, économisant chaque chose sauf leur labeur.

C’est de loin parmi ces femmes que les capitalistes sont plus avides de recruter des travailleuses ménagères et qui sont préparées à « accepter » des salaires monstrueusement bas pour apporter davantage de nourriture pour elles-mêmes et leur famille. C’est parmi elles que les capitalistes de tous les pays( comme les propriétaires d’esclaves de l’antiquité et les seigneurs féodaux du moyen-âge) choisissent nombre de concubines au plus favorable prix. Aucune « indignation morale » ( hypocrite dans 99% des cas) sur la prostitution ne peut rien faire pour empêcher ce commerce du corps des femmes ; aussi longtemps que l’esclavage salarié existera, la prostitution continuera inévitablement. A travers l’histoire, toutes les classes opprimées et exploitées ont toujours été réduites (leur exploitation consiste en cela) par leurs oppresseurs, en premier au travail non rémunéré, en second, leurs femmes à être les concubines des « maîtres ».

Esclavage, féodalisme et capitalisme sont semblables à cet égard. Seule la forme d’exploitation change, l’exploitation demeure. A Paris, la capitale mondiale, le centre de la civilisation ( à cette époque. Note de l’URCF), une exposition a été consacrée au travail des « femmes exploitées travaillant à domicile » .

Chaque élément de l’exposition portait une pancarte indiquant combien chaque femme recevait pour son type de labeur par jour et par heure.(…) Nos associations ouvrières et syndicats devraient organiser une « exposition » similaire . Cela ne rapportera pas les profits des expositions bourgeoises. Une exposition sur la pauvreté des femmes du prolétariat, rapporterait des bénéfices d’une autre sorte, cela aiderait les esclaves salariés, à la fois hommes et femmes à faire connaître leur condition d’existence, à mesurer ce que sont leurs propres « vies » et à penser à la manière de se délivrer eux-mêmes de l’éternelle oppression de la pauvreté, du manque, de la prostitution, et des autres humiliations subies par les pauvres.

« Pravda » 5 mai 1913.