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Crime de Nice...

vendredi 15 juillet 2016

... Rendre hommage aux victimes, dénoncer les manœuvres politiciennes du gouvernement !

Un crime ignoble a été commis cette nuit à Nice. Le Collectif National d’Intervention Communiste s’incline devant les victimes innocentes, exprime sa solidarité avec les blessés et les familles concernées.

Au moment où ces lignes sont écrites, on ne sait pas quelles sont les motivations du criminel. Attentat terroriste, coup de folie criminelle d’un individu isolé ? C’est à l’enquête judiciaire de donner une réponse et à elle seule ! L’émotion, l’horreur devant les faits ne sauraient le faire oublier. Nous condamnons fermement la décision du gouvernement et du Président de la République qui avec précipitation, prenant prétexte de l’état de choc de l’opinion publique, ont prolongé l’état d’urgence de trois mois.

L’état d’urgence, en vigueur depuis maintenant plus de huit mois, a permis de remettre en cause le droit de manifester, de mettre en prison ou de poursuivre des militants syndicaux ou qui s’opposaient à la politique gouvernementale, des jeunes ; de faire étalage d’un dispositif militaro-policier impressionnant ; d’augmenter l’arrogance d’une partie des forces de police en uniforme ; d’entraver l’action politique et syndicale notamment contre la loi El Khomri. Mais force est de constater qu’il n’a pu empêcher la tragédie de Nice, pas plus d’ailleurs que les mesures « sécuritaires » dont les responsables tant du Front National que du PR et du PS sont si friands : Nice est la ville de France qui, sous M. Estrosi, est celle qui a les plus gros effectifs de police municipaux, la densité de caméras de télévision la plus importante du pays !

La nouvelle comme quoi des attentats auraient été déjoués pendant cette période n’infirme pas ce qui vient d’être dit : ils ne l’ont pas été dans le cadre de l’état d’urgence, mais par le fonctionnement normal des services de sécurité. En finir avec le terrorisme, c’est arrêter d’intervenir militairement à l’étranger pour défendre les intérêts de l’impérialisme français. Hier en Libye, aujourd’hui en Syrie, le gouvernement français a porté aide et soutien à des groupes reliés à El Qaïda ou qui ont rallié l’EI. De la même façon, il entretient les meilleures relations diplomatiques avec des Etats comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie dont les liens avec les réseaux terroristes ont été mis en lumière à plusieurs reprises. Les menaces de nouvelles opérations militaires, en Libye notamment, et le maintien de celles en cours ne font qu’augmenter la menace terroriste d’organisations qui, toutes sans exception, ont eu ou ont des liens avec les puissances impérialistes états-unienne, britannique, française, leurs alliés et l’OTAN.

L’inefficacité de l’état d’urgence est encore plus patente s’il s’agit d’un acte purement criminel ou d’un malade mental. Car, si c’est le cas, aucun service de prévention ne pouvait anticiper quoi que ce soit et couvrir d’un voile d’efficacité prétendue l’état d’urgence ! Et dans tous les cas, pas plus l’état d’urgence que les moyens techniques mis en œuvre comme les barrières anti-manifestations, ne pouvaient résister à l’assaut d’un poids-lourd ! Le gouvernement va-t-il interdire ce genre de véhicule ?

Le drame de Nice, comme celui du 13 novembre 2015 à Paris, la mémoire des victimes, ne sauraient se prêter aux calculs politiciens de ceux qui, du FN au PS en passant par le PR, veulent protéger le capitalisme en renforçant le caractère policier du pouvoir et l’intervention de l’armée. Le recours annoncé à la formation d’une milice regroupant d’anciens militaires et des volontaires est de ce point de vue très inquiétant. Nous condamnons la campagne de mise en condition de l’opinion menée par les médias pour les aider dans leurs objectifs.

Le Collectif National Intervention Communiste appelle la classe ouvrière, l’ensemble des travailleurs, à rejeter tous les faux-semblants et à renforcer leur lutte contre la politique du gouvernement sous tous ses aspects. Les évènements dramatiques que nous vivons illustrent de manière atroce que le système capitaliste aujourd’hui, c’est « la réaction sur toute la ligne », et qu’il est prêt à faire feu de tout bois pour remettre en cause les libertés démocratiques. Ce qu’il faut, c’est en finir le plus rapidement possible avec lui. C’est la raison pour laquelle nous appelons les travailleurs à nous rejoindre pour construire le Parti révolutionnaire communiste, dont nous avons besoin et dont l’objectif sera de préparer les conditions de la révolution en organisant les luttes contre le capital et ses forces politiques.

Paris, le 15 juillet 2016